La Namibie disputera en France sa troisième Coupe du monde consécutive, et c'est déjà un petit exploit au vu du parcours de qualification long et compliqué pour les pays d'Afrique. Les «Aigles» ont d'ailleurs créé une petite sensation pour arracher leur billet, en éliminant sèchement l'équipe du Maroc (victoires 25-7 à Windhoek, et 27-8 à Casablanca), pourtant composée de nombreux professionnles évoluant en Europe. Le voisin sud-africain est pourtant bien encombrant, et relègue le rugby namibien au second, voire au troisième rang. Autrefois colonie allemande, la Namibie n'a pas été initiée très tôt à ce sport, au contraire des Springboks. Et lorsque l'Afrique du Sud a pris le contrôle du pays, en 1920, les relations entre les deux peuples se résumaient à des guerres et des attentats, et pas à des échanges culturels et sportifs.
Indépendante en 1990 après 34 ans de tutelle de l'ONU, la Namibie a choisi de se faire connaître par le tourisme et le rugby, en développant rapidement son équipe nationale. Elle participe en 1999 à sa première Coupe du monde, mais l'apprentissage est difficile. En deux participations, les «Welwitschias» n'ont pas gagné le moindre match, et présentent la plus mauvaise défense de l'histoire, avec 496 points encaissés en sept matches, dont 142 en une seule fois contre l'Australie en 2003 (défaite 142-0). La Namibie est aussi la plus petite équipe du plateau des mondialistes si l'on regarde le classement IRB. Classée 24e, elle se présente donc avec l'étiquette de petit poucet.
Cette année, une nouvelle fois, il sera bien difficile pour les Namibiens de remporter une victoire dans une poule D a priori trop relevée pour eux, avec la France mais aussi l'Irlande, l'Argentine et la Géorgie. L'objectif sera donc de confirmer les progrès entrevus contre les Marocains, et notamment une rigueur défensive nouvelle et intéressante. Mais la préparation au tournoi a été une nouvelle fois mouvementée, avec notamment la démission de l'entraîneur, Johan Venter, après une défaite honteuse contre l'Ouganda (19-20). Hakkies Husselmann a pris le relais, mais la confiance n'est pas au beau fixe. Au niveau du jeu, il ne faut rien attendre de révolutionnaire : les Welwitschias copient le modèle sud-africain et s'appuient sur un pack solide et un défi physique permanent. Malgré sa faible exposition, le rugby namibien rêve de faire un coup et compte bien résister au maximum face aux pros du rugby. Avec 19 clubs et à peine 12 000 licenciés, tous amateurs évidemment, les 30 Namibiens seront guidés par la fierté et le courage. Avec l'espoir de déplacer des montagnes.

La correction subie par le XV de France en Argentine (41-13) a montré que les Bleus...
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