Qualifié sans l'ombre d'une difficulté, en tant que patron incontesté du rugby de l'Extrême-Orient (82-9 contre le Golfe persique, 50-14 puis 54-0 contre la Corée, 52-3 contre Hong-Kong), le Japon risque fort de se trouver à son tour dans le rôle du Petit Poucet à la Coupe du monde, dans un groupe B très "melting-pot'' où l'Australie et le pays de Galles sont archi-favoris, devant le Canada et les Fidji. Tous devancent le Japon au classement de l'IRB. Dix-huitième de la hiérarchie, l'équipe nippone sera la troisième plus modeste de la compétition derrière le Portugal, jamais qualifié jusqu'ici, et la Namibie, qui n'a jamais gagné un match. Le Japon a plus d'expérience qu'eux : il n'a manqué aucune Coupe du monde, mais il n'a jamais franchi la phase des poules, grattant seulement une victoire en seize matches, contre le Zimbabwe en 1991 (52-8).
L'image du Japon à la Coupe du monde est associée à la terrible dérouillée du 4 juin 1995, à Bloemfontein : 17-145 contre la Nouvelle-Zélande. Les Blacks n'ont jamais marché sur personne avec plus de facilité de toute leur histoire. 21 essais à 1... Le Néo-Zélandais John Kirwan (champion du monde en 1987 au poste d'ailier), sélectionneur du côté du Soleil levant depuis la fin de l'année 2006, a entrepris de faire gagner en rigueur une équipe nippone dont le courage est la première qualité. Lors de l'édition 2003, c'est bien le Japon qui avait le plus ''inquiété'' l'équipe de France avant sa demi-finale contre l'Angleterre. Il n'était mené que 19-20 à la 47e minute avant de céder 29-51. «Vaillants au possible en défense, téméraires et précis à la relance, et d'autant mieux armés pour la conservation du ballon qu'ils sont plus près du sol, les ''Cherry Blossom'' possèdent sur les Fidjiens au moral de biscotte la volonté de ne renoncer jamais», avait écrit L'Equipe.
L'équipe asiatique a quelques références récentes : une victoire contre les Tonga (20-17) cette année en Coupe des nations du Pacifique, une contre la Roumanie (23-16) en 2005, une autre contre le Canada (34-21) en 2004. Les Nord-Américains sont les seuls, parmi les futurs adversaires du Japon, à avoir un jour été battus par lui (9-8 pour le Canada depuis 1932). Un quart de finale reste une hypothèse invraisemblable à l'heure où la quasi totalité des joueurs japonais restent à la traîne du professionnalisme le plus pointu, évoluant pour la plupart dans le championnat national. Mais le renoncement n'est pas exactement une caractéristique locale. A moyen terme, le Japon mise sur l'organisation de la Coupe du monde pour hausser le niveau de son rugby. Il a été barré par la Nouvelle-Zélande pour 2011, mais a déjà annoncé le dépôt d'une candidature pour 2015. Le rugby devenu business s'intéressera alors, peut-être, au continent qui représente 60% de la population mondiale.

La correction subie par le XV de France en Argentine (41-13) a montré que les Bleus...
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